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L'essentiel à savoir

A savoir / A faire

Comment déclarer les indemnités intempéries ?

Les indemnités intempéries ne doivent pas être incorporées dans le montant des salaires déclarés à la caisse Congés Intempéries. Elles sont néanmoins prises en compte par celle-ci lors du calcul du congé et par l’Union des caisses de France pour le paiement des cotisations de retraite complémentaire. C’est pourquoi il est indispensable de transmettre à la caisse Congés Intempéries les déclarations d’arrêt et de demande de remboursement justifiant de l’indemnisation des salariés même si l’entreprise ne peut prétendre à un remboursement. La caisse ne pourra prendre à sa charge les intempéries portées sur les certificats de congés si elle n’est pas en possession des déclarations d’arrêt et de demande de remboursement correspondantes.

Comment sont calculées les indemnités versées par l'employeur ?

Calcul du nombre d’heures indemnisables

Le nombre d’heures indemnisables est égal au nombre d’heures de travail perdues moins le délai de carence.

Le nombre d’heures de travail perdues est limité par la législation à  9 heures par jour, 45 heures par semaine et 55 jours ou 495 heures par année civile et par salarié.

Le délai de carence est d’une heure par semaine ou par période continue d’intempéries si l’épisode dure plus d’une semaine.

Calcul du montant de l’indemnité

Le montant de l’indemnité est égal à 75 % du salaire de base.

Il se calcule de la manière suivante :

I = H x T x 0,75

I : indemnité

H : nombre d'heures indemnisables

T : taux horaire de base, dans la limite du plafond horaire de la sécurité sociale majoré de 20 %

Les indemnités de chômage intempéries sont-elles prises en compte par PRO-BTP ?

Suivant l’accord intervenu entre la Fédération française du bâtiment et les organisations représentatives des salariés, les indemnités de chômage intempéries sont prises en compte pour l’octroi de points de retraite complémentaire aux ouvriers. L’Union des caisses de France verse elle-même à PRO-BTP les cotisations correspondantes, sans intervention de la caisse Congés Intempéries ni des entreprises.

L'indemnisation de chômage intempéries est-elle obligatoire ?

Elle est obligatoire pour les travailleurs du bâtiment et des travaux publics astreints au chômage pour cause d'intempéries s’ils justifient de 200 heures de travail dans le BTP au cours des 2 mois précédant l’arrêt.

Cette indemnisation s'impose à tous les entrepreneurs et artisans (quel que soit l'effectif de l'entreprise), qu'ils soient ou non tenus au paiement de la cotisation Chômage-intempéries.

Des charges sociales sont-elles prélevées des indemnisations de chômages intempéries ?

Les indemnités de chômage intempéries versées aux salariés ne sont pas considérées comme des salaires et échappent de ce fait au versement des cotisations sociales.

Les entrepreneurs n’ont donc pas à incorporer ces indemnités dans les déclarations faites aux URSSAF, à Pôle emploi, aux caisses des institutions sociales, de congés payés, etc.

Les employeurs sont tenus de verser à leur personnel des indemnités en cas de chômage intempéries, qu’ils soient redevables ou non de la cotisation calculée à ce titre.

Les indemnités intempéries sont exonérées de charges sociales mais sont soumises à la CSG et à la CRDS aux taux applicables aux revenus de remplacement. La CSG peut, dans certains cas, être appelée au taux réduit ou même ne pas être appelée du tout ; cela dépend du revenu imposable du salarié.

La contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) s’applique également aux indemnités intempéries.

Pour toutes informations à ce sujet, nous vous invitons à vous rapprocher des services de l’URSSAF à laquelle votre entreprise est affiliée.

Les sanctions en cas de fraude

L’article L 5429-3 du code du travail précise :

« Le fait de se rendre coupable de fraudes ou de fausses déclarations pour obtenir ou tenter de faire obtenir par suite d’intempéries des indemnités […] qui ne sont pas dues est puni d’un emprisonnement de trois mois et d’une amende de 3 750 euros. »

Comment déclarer mes arrêts intempéries ?

Après avoir inscrit votre entreprise en ligne sur www.net-entreprises.fr, vous pouvez déclarer les arrêts de travail et les demandes de remboursement intempéries à partir d’un formulaire électronique pré-renseigné.

Quelles sont les causes de l'arrêt de travail pour chômage intempéries ?

Les causes d'arrêt de travail pour chômage intempéries visent les conditions météorologiques rendant le travail dangereux ou impossible : gel, neige, verglas, pluie, vent fort, tempête ou inondations.

Attention : les causes indirectes telles qu'un état des routes ou des problèmes de transports ne permettant pas d'accéder à un chantier ne permettent pas de bénéficier du chômage intempéries. Il s'agit là de cas de chômage technique.

Qui décide de l'arrêt de travail pour le chômage intempéries ?

C'est votre employeur ou son représentant sur le chantier, après consultation des délégués du personnel.

Il en va de même pour la reprise du travail.

Quelles sont mes obligations en cas d'arrêt de travail pour intempéries ?

Pour percevoir une indemnité de chômage intempéries, vous devez :

  • être présent sur le chantier au moment de l'arrêt de travail ;
  • justifier de 200 heures de travail dans les deux mois qui précèdent l'arrêt de travail et ne pas avoir été indemnisé plus de 55 jours pour intempéries depuis le 1er janvier de l'année ;
  • rester à la disposition de votre employeur pendant la durée de l'arrêt de travail.

 

 

Mon employeur peut-il exiger que je reste sur le chantier en cas d'arrêt pour intempéries ?

Votre employeur fixe seul les conditions dans lesquelles vous restez à disposition, soit sur le chantier, soit à proximité, soit à votre domicile.

Vous devez rester joignable à tout moment pour reprendre le travail quand il l'aura décidé.

Qui paie mes indemnités de chômage intempéries ?

C'est votre employeur qui, en prenant la décision de l'arrêt de travail pour chômage intempéries, s'engage à vous indemniser, qu'il soit ou non partiellement remboursé par la caisse CIBTP.

Comment mon indemnité de chômage intempéries est-elle calculée ?

Votre indemnité apparaît sur votre fiche de paie avec les indications suivantes :

  • absence à déduire,
  • nombre d'heures chômées,
  • montant brut correspondant à ces heures.

Le montant de votre indemnité brute correspond à :

0,75 x (nombre d'heures chômées - 1 heure de carence) x votre salaire horaire

Qu'est-ce que l'heure de carence ?

C'est une heure retirée en début d'arrêt.

La carence (non indemnisée par votre employeur) est d'une heure par semaine ou d'une heure par arrêt continu s'il se prolonge sur plusieurs semaines.

Quel est le salaire horaire à reprendre pour le calcul de mes indemnités ?

C'est celui de la veille de l'arrêt de travail.

Il ne peut être supérieur au plafond de la Sécurité sociale majoré de 20 %.

Quel est le régime fiscal de mes indemnités de chômage intempéries ?

Vos indemnités de chômage intempéries :

  • sont soumises à l'impôt sur le revenu et figurent donc sur votre déclaration annuelle à l'administration fiscale au même titre que vos salaires,
  • sont exonérées de charges sociales, à l'exception de la CSG et de la CRDS (elles sont soumises aux taux appliqués aux revenus de remplacement).

 

 

Mon employeur peut-il me demander de récupérer les heures chômées ?

Si votre employeur vous le demande, vous êtes tenu, après la reprise du travail, d'effectuer les heures de récupération correspondant aux heures chômées.

Votre employeur doit toutefois respecter le quota d'heures maximum prévu par le code du travail et cela ne le dispense pas de vous indemniser lors de vos arrêts en chômage intempéries.

Ces heures de récupération ne bénéficient pas de la majoration prévue pour les heures supplémentaires.

Mes indemnités de chômage intempéries servent-elles au calcul de mes congés payés ?

  • Pour le calcul de vos droits à congé (nombre de jours acquis), 75 % de vos heures indemnisées sont reprises.
  • Pour le calcul de votre indemnité de congé, le montant brut de vos indemnités de chômage intempéries est pris en compte.

Ces éléments figurent de façon distincte sur votre certificat de congés.

Mon employeur doit-il déclarer les arrêts intempéries même s'il n'est pas remboursé par la caisse CIBTP ?

Oui : la déclaration à la caisse des arrêts intempéries est obligatoire dans tous les cas.

Elle reprend notamment les éléments de calcul de votre indemnité de chômage intempéries.

Sans elle, vous perdez les points de retraite complémentaire que votre caisse CIBTP vous fait acquérir auprès de PRO BTP.

En cas d'arrêt de chantier, mon employeur peut-il me demander d'effectuer des travaux de remplacement ?

Pour éviter l'arrêt de travail pour chômage intempéries, votre employeur peut vous demander d'effectuer des travaux de remplacement.

Dans ce cas, il maintient votre salaire normal.

Fonctionnement du régime intempéries

Déclaration intempéries

Ce régime légal a été institué par la loi du 21 octobre 1946 au profit des salariés de chantiers pour leur garantir une rémunération lorsque les employeurs sont contraints d’arrêter le travail, rendu impossible ou dangereux du fait des intempéries. Il s’applique à tous les chantiers situés en France métropolitaine.

Cette protection sociale propre au BTP est accordée en fonction de règles précises.

Champ d’application

Certaines activités de bâtiment, non exposées au risque intempéries, ne sont pas assujetties au régime. Elles ne versent pas de cotisations et ne peuvent pas mettre leurs salariés en chômage intempéries.

Le régime s’applique aux entreprises du BTP exerçant une activité citée par le code du travail (articles L. 5424-6 à L. 5424-19 et D. 5424-7 à D. 5424-49). Ces textes font référence à la nomenclature des activités économiques de 1959.

Activités professionnelles auxquelles s'applique le régime de chômage intempéries (nomenclature de 1959)
34 Travaux publics.
330 Entreprise de bâtiment et de travaux publics, entreprise générale de bâtiment.
331 Maçonnerie, plâtretie, travaux en ciment, béton, béton armé, terrassement et démolition.
332 Charpente en bois, menuiserie du bâtiment, pose associée ou non à la fabrication.
333 Couverture plomberie.
334 Serrurerie de bâtiment, petite charpente en fer, menuiserie métallique, ferronnerie pour le bâtiment, clôture métalliques (fabrication et pose associées ou pose seulement).
335 Fumisterie, ramonage, installation de chauffage et production d'eau chaude.
336 Peinture de bâtiment, décoration.
337-03 Pose d'enseignes, stores.
338 Construction métallique pour le bâtiment, les travaux publics et le génie civil (fabrication et pose associées ou pose seulement).

Les carrières à ciel ouvert extrayant des matériaux destinés au bâtiment ou aux travaux publics, et directement exploitées par les entreprises de BTP.

Exceptions :
. Fabrication de décors de théâtre,
. Installation de chauffage central, de ventilation, de climatisation ou d'isolation,
. Pose de revêtements plastiques et installations diverses,
. Installations thermiques industrielles, construction de chambres froides.

Pour tenir compte de la diversité des travaux accomplis par les entreprises artisanales et de leur faible recours au chômage intempéries, les cotisations intempéries ne sont dues que si les salaires de l’entreprise dépassent un abattement annuel fixé par arrêté ministériel égal à 8000 fois le SMIC horaire.

Si l'abattement n'est pas atteint, il faut tout de même effectuer une déclaration d'arrêt de travail pour intempéries afin de bénéficier des exonérations de charges sur ces heures.

Très petites entreprises

Les très petites entreprises, si elles ne sont pas assujetties au régime de chômage intempéries, restent cependant soumises à l’obligation déclarative dans les mêmes conditions que les entreprises cotisantes au régime. Cette obligation a pour but, notamment, de leur permettre de justifier, auprès des URSSAF, l’exonération de charges sociales appliquée aux indemnités intempéries.

Cas particuliers

> Entreprises à activités multiples :

l’entreprise n’est soumise aux obligations de ce régime, et à ses cotisations, que pour les activités visées par les textes. Une comptabilité séparée doit alors permettre de distinguer les différentes activités.

> Entreprises de travail temporaire :

elles ne sont pas assujetties à ce régime, n’exerçant pas elles-mêmes une activité de BTP, mais doivent indemniser elles-mêmes leurs salariés en cas d’arrêt de travail.